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SANGAREDI: les jeunes grondent contre la CBG

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Ils sont laissés pour compte depuis le début des activités. Le chômage inquiète ces jeunes de Sangarédi où est installée la Compagnie des Bauxites de Guinée. Afin de se faire entendre non seulement par les autorités locales mais aussi par celles de la CBG, ils  ont tenu une réunion à Tchiakounaye, un quartier de  cette ville. Suite à cette rencontre, ces jeunes ont pris d’assaut l’artère principale de la ville très tôt le lendemain matin.

Nous sommes dans la sous-préfecture de Sangarédi, une localité située à 70 kilomètres de la ville de Boké. C’est le crépuscule. Les jeunes de la localité sont irrités contre la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) et les autorités. Ils se retrouvent au terrain, situé à Thiankounaye. Nous empruntons une moto pour nous y rendre. Après quelques minutes de parcours, nous voici sur  le lieu où, une foule immense envahit le quartier Thiankounaye.

Des jeunes tous en colère, aux visages froissés remplissent la partie. Ils émettent des cris  d’hostilité contre les autorités sans relâche, la sueur coule sur leurs fronts de personnes révoltées. Ici, jeunes garçons et filles, adolescents et même les tout petits sont tous présents Ils réclament tous, un emploi décent et immédiat afin d’améliorer leurs conditions de vie. Le mouvement est dominé par les va- et-vient. Le désordre est total. Les jeunes ne se comprennent pas, chacun veut parler.

Tous aux mines serrées, d’autres habillés en haillons, sont fermement engagés. Ces désespérés veulent des emplois. Cette jeunesse pointe non seulement du doigt la CBG, mais aussi les autorités de la place de les avoir oubliés. «Les autoritésne s’occupent que de leurs intérêts. Elles ne savent même pas que leur existence dépend de nous les jeunes. C’est vraiment décevant qu’elles refusent de prendre en compte nos préoccupations», accuse un jeune diplômé, le front tout couvert de sueur. A quelques mètres de la foule, Alpha DIALLO, diplômé en Géo-mines, laisse entendre : «Il y a beaucoup de fils diplômés de Sangarédi, mais la société ne s’intéresse pas à nous. Elle préfère les personnes venant d’autres horizons », renchérit-il.

C’est l’heure du sérieux!

Regroupés à l’angle d’un terrain accidenté, la plupart de ces jeunes sont habillés en pantalons repliés jusqu’aux genoux. Ils sont prêts pour le mouvement. Tout droit, sont installés les amplificateurs qui laissent entendre librement le message véhiculé. C’est l’heure du sérieux ! Les jeunes se bousculent pour s’approcher du chef. Tout le monde veut être devant pour  exprimer son mécontentement dans le micro. L’ambiance  est attristante, les murmures continuent. Le vice-président de la jeunesse, modérateur pour la circonstance annonce l’intervention d’un jeune diplômé.Celui-ci arrive, de passage, il bouscule de gauche à droit les gens. La trentaine, El hadj Aboubacar DIALLO est diplômé en Ingénierie à l’Institut  Géo-Mines de Boké (IGMB).  Habillé en pantalon noir, un T-shirt bleue  tout mouillé, il calme d’abord la foule. Ce jeune en chômage depuis sept ans, s’indigne au nom de la jeunesse en ses termes : «Il faut que la jeunesse de Sangarédi se tienne debout. On ne peut pas imaginer qu’avec tout ce groupe de diplômés en chômage ici, la CBG ne puisse pas nous employer. Combien de sociétés exploitent la bauxite chez nous ?», s’est interroge le jeune avant de rappeler : «Nous avons fait recours à toutes les voies légales pour que nos préoccupation soient prises en compte mais en vain » et d’ajouter : «Cette fois ci, nous n’allons pas croiser nos bras. Tant qu’on n’obtient pas une suite favorable, on cherchera toujours à nous regrouper pour parler de ce problème.»

Ilest 20 heures. La nuit reprend son rythme habituel, mais le visage de Sangarédi change ce lundi. Les coins et recoins sont occupés par des petits groupes de jeunes. La mobilisation continue. Tous, avec la même version, accusent les autorités de Sangarédi d’être à la base de leur misère.

’Je demande aux jeunes de respecter les procédures de revendication’’

La montre du téléphone indique 20h15. Nous voilà devant une boutique. C’est Chez Mamadou Yacine BAH. Il est le propriétaire et  père de 5 enfants dont deux filles. Ce citoyen vit dans cette zone minière il y a de cela huit ans. Il a quelque chose à dire : «Je dirai d’une part que ces jeunes ont raison de manifester, parce que ces dernières années, il y a eu beaucoup de jeunes travailleurs surtout ceux venus de Conakry. Pourquoi pas alors ceux de Sangarédi qui sont tous des diplômés de l’Institut des Mines et Géologie de Boké ? Cette jeunesse en principe, doit être favorisée».

Continuant, il rappelle cette  jeunesse au respect de certains principes. «Je demande aux jeunes de respecter quelques principes comme les procédures de revendication », finit M. BAH.

Il fait nuit. Les lampadaires couverts de poussière rouge brillent de tout leur

éclat. Les tensions se calment peu à peu et le dernier mot est prononcé par le

modérateur. Par petits groupes, les jeunes se dispersent. Ils se donnent rendez-vous le mardi sur les deux voies par où passent les travailleurs de la CBG.

Aucune solution pour éviter ces jeunes

Il est 3h24 ce mardi, 27 décembre 2016 lorsque nous nous rendons derrière les

terrain de football de Sangarédi. Comme prévu, les jeunes ont déjà bloqué les

passages des travailleurs de la CBG. Tous en colère ce matin de fraîcheur, ils lancent des cris d’hostilité contre cette société. Un instant après, des voitures de différentes marques arrivent. Ce sont les travailleurs de la société. Les chauffeurs tentent de forcer le passage, mais les jeunes manifestants foncent devant des véhicules.  N’ayant pas de  solution pour éviter ces jeunes, ces travailleurs habillés dans leur tenue de travail, descendent pour négocier, mais le vacarme augmente. D’un côté à l’autre, il est impossible de se frayer un chemin. Les voitures sont interceptées et les jeunes désespérés veulent coûte que coûte trouver solution ici. Les discussions sont chaudes au point d’aboutir à des altercations. Toutes les activités sont paralysées. Ils sont aux aguets. Les travailleurs la de CBG ne parviennent pas à calmer la colère des jeunes.Soudain, ils se replient pour la mairie afin d’attendre les interventions des autorités.

L’heure avance, il est 9 heures. Nous sommes à la maison communale. Là, le maire, le sous-préfet, le président de la jeunesse et quelques anciens travailleurs de ladite société tentent de négocier avec la jeunesse  irritée, mais en vain. Ils sont obligés d’appeler le préfet qui doit venir mettre tout en ordre pour que la vie reprenne son cours normal à Sangarédi.

Si aucune solution n’est trouvée dans un bref délai, une marche pacifique sera organisée  les jours à venir afin de paralyser toutes les activités de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG).

 Sâa Robert KOUNDOUNO

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