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LETTRE OUVERTE À LA CLASSE POLITIQUE ET SOCIALE GUINÉENNE :

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Mesdames et Messieurs les leaders politiques et acteurs de la société civile,
Le souvenir douleureux des années sombres de notre État et de ses citoyens hante encore les pensées et invite à la prudence. Il suggère par contre, à moins de plonger dans un formalisme desséchant, d’apprécier le regain constitutionnel guinéen à l’aune de sa pratique.

La Guinée est-elle encore dans le musée des curiosités politiques?
En effet, le processus de démocratisation de notre cher pays s’essouffle. Dans de nombreuses situations, l’état de droit est mis en mal, les lois ne sont pas respectées, l’opposition n’est pas participative, elle est marginalisée et elle ne défend que ce qui l’arrange, le clientélisme et la corruption sont érigés en principe de gouvernance.

Fondamentalement, la politique traduit la vision qu’à une société d’elle même et de son avenir. Elle définit les idéaux qui président à la configuration des réalités de l’époque. À ce titre, elle joue un rôle primordial dans la construction d’un idéal de vie nationale en tenant bien-sûr compte de toutes les composantes sociales sans distinction aucune.
Cependant le constat reste désolant et amer, mettant à mal l’état de droit et la démocratie.

_Mesdames et Messieurs les leaders politiques et acteurs de la société civile,
La fondation de la démocratie guinéenne, notre démocratie, celle qui donne le choix au peuple de décider et de se définir, passe inextricablement par l’implication de tous, surtout de la société civile.
En Guinée, l’univers politique est obstrué et dessine ses propres réalités et tous les hommes du domaine souhaitent évoluer dans les eaux troubles des marécages politiques.
Loin de toute utopie, notre démocratie à travers ces principes constitutionnels limite la durée des mandats présidentiels à 5 ans renouvelable une seule fois. Donc, par respect de ce principe, en aucun cas un Président ne devrait outrepasser la limitation de la durée en s’invitant vers le boulevard interdit. Par ailleurs, la constitution donnerait le droit à ce dernier de proposer un projet référendaire à son peuple pour demander l’adhésion de celui-ci.
Figurons_nous, que nous nous trouvons dans des paradoxes incessants liés au droit et à la morale de notre société. Même les plus grands juristes de la République ne sont parvenus à aucune conclusion sur le sujet.

_Monsieur le Président de la République,
Il existe bel et bien des personnes zélées dans votre entourage qui lancent des propos laissant le doute et le la confusion planés sur nos consciences.
En 2017, nous avons été témoins d’une déclaration suspicieuse d’un de vos proches en ces termes: <<Lorsque nous aurons la force, nous pourrons dire que l’affaire de deux mandats engage ceux qui l’ont dit. Tant que Alpha Condé est vivant, il restera le Président de la Guinée>>. Cette déclaration fut commentée par un autre: <<Le peuple va demander un 3ème mandat à Alpha Condé »… Certainement, ces arguments, comme partout d’ailleurs en Afrique, se fonderont sur les nombreux grands chantiers qu’engage le président depuis son arrivée au pouvoir.
Or, le peuple a soif de démocratie et d’alternance. Vous n’avez fait jusque là aucun aveu publique sur la possibilité ou non de briguer un mandat supplémentaire, et nous estimons qu’il serait sage que votre dernière décision soit celle qui constitue l’expression réelle de volonté du peuple. « Vox populi, vox Deï » (La voix du peuple est la voix de Dieu).

Alors Monsieur le Président de la République,
Votre entourage ne vous induira dans aucune erreur qui n’aie auparavant été consentie. Vos longues années de lutte politique ( un quart de siècle), vous battant pour des valeurs que vous incarnez aujourd’hui dans la plus grande sagesse, défendant la démocratie et ses valeurs, renonçant aux idées douteuses qui ont, selon vous et la sagesse populaire, contribué au retard de notre pays, construisant ainsi votre personnalité incontestablement présidentiable, le peuple a cru en vous.
Ce combat tant mérité, vous a porté au pouvoir en 2010 et pour rappel, vous avez été qualifié de leader aux « mains propres ». Et en 2015, le peuple vous a renouvelé sa confiance par votre réélection.
Nous attendons de vous un geste sage qui vous gardera droit dans vos bottes dans le combat que vous avez toujours mené pour l’émergence de la Guinée.

_L’opposition, elle, n’a de culture que le rejet catégorique et systématique de toute proposition de dialogue en ce moment troublé. Or, peu importe la situation, elle ne peut en rien se résoudre dans la rue.
Je rappelle qu’il ya quelques pages impitoyables qui guettent notre société. Tout le monde parle au nom du peuple, c’est devenu le verset qui s’égrène dans tous les milieux populaires ( Politiques, société civile…)

Même s’il n’y a pas de consensus sur les questions cruciales de la république, mais à un certain moment, nous devons penser à ce peuple et à sa paix sociale en nous exportant au delà de nos égos et nos conditions personnelles. Notre stabilité est menacée par des luttes fratricides s’installant entre les hommes qui, pourtant,
promette au peuple des voies libératrices et honorifiques. À l’ère où les pronostics sont orientés sont orientés vers des opinions plus ou moins inconsistantes sur notre avenir, le peuple croyant en sa classe politique, râle sous le poids d’un capharnaüm de souffrances et de mélancolies. Si, en cette période critique, nous ne voyons pas la politique en termes d’optimalité et d’organisation, le sectarisme risque de nous détruire car, chacun devrait renoncer à l’orgueil et la suffisance personnelle. La contradiction est certes l’élément fondamental de toute démocratie. Par ailleurs celle-ci devrait être constructive et participative. Idéalement, une opposition incarnant une possibilité d’alternance politique, participe à l’exigence du pluralisme démocratique, qui est une des bases irréfutables de la vie démocratique. Ce pluralisme donne la permission au peuple de choisir ses gouvernants. Ainsi, l’opposition, en proposant un nouveau cours à la politique nationale, permet aux citoyens éventuellement mécontents de disposer d’un recours. Mais chez nous, elle est caractérisée par le rejet de l’autre, la passion et le communautarisme. C’est ainsi que les rues se jonchent à chaque fois qu’il y a appellent. Nous devons penser aux alternatives. « Qui après qui? » C’est aussi important. Le recours n’est pas seulement la rue et ses protestations incontrôlées (souvent) qui finissent par abîmer la quiétude et la paix sociale. L’espoir de notre peuple, du peuple de Guinée, repose politiquement et socialement sur un renouvellement de génération. Nos acteurs sociopolitiques devraient savoir lire dans cet espoir que nous nourrissons. Mesdames et Messieurs les acteurs sociopolitiques, Je fonde l’espoir que ce cri de cœur sera pour une entendu. Dieu bénisse la Guinée et ses fils et filles!!!

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