Une problématique non résolue

Forécariah est un endroit à potentialités brutes par manque d’un véritable décollage économique. Le commerce informel et une agriculture fortement extensive et traditionnelle sont les activités les plus pratiquées. Ce manque de décollage d’une localité avec plus de 250 ans d’existence est aujourd’hui une source de diversité d’opinion suscitée chez les citoyens.

C’est une ville cosmopolite dans laquelle s’exercent des activités dont la plupart ne répondent qu’aux besoins de consommation locale ou familiale. Cette préfecture qui traine encore à cause des facteurs politique, social et financier, contrairement à Labé, Kindia. En dehors d’être une ville frontalière, la préfecture de Forécariah abrite la toute première sous-préfecture du pays (Famoriah). Cette singularité administrative et historique témoigne de son peuplement avancé depuis des décennies. La ville offre par sa position géographique et ses multiples potentialités, des opportunités incroyables pour un développement économique. Mais pourquoi Forécariah tarde à décoller ? C’est l’une des interrogations très présente chez les habitants, qui répondent en restant dans des positions très différentes. Certains citoyens accusent l’absence d’une ressource humaine adaptée à la situation de la zone, qui peut faire quelque chose pour le changement de la préfecture. «Forécariah est une ville naturellement riche. Des terres fertiles, une population à majorité jeune, nous avons des domaines et des plantations à perte de vu, sans parler de la diversité des activités économiques. Mais nous sommes en crise de personnes ressources pour les valorisés.» Affirme Oumar Camara, un natif résidant.
Si cette première analyse s’oriente vers les autorités notamment, d’autres versions d’avis s’orientent vers la base. Les citoyens ayant leur rôle à jouer, n’arrive pas à concrétiser leur part du boulot. Quelques habitants estiment qu’à l’heure de la mondialisation, tout le monde est appelé à s’investir pour le développement de sa localité. Cette contribution citoyenne serait quasiment absente à Forécariah. Ce défaut de part citoyenne aurait un lourde conséquence sur la localité. Cette hypothèse a été soutenue par le Directeur de la maison des jeunes, qui s’est surtout concentré sur l’investissement de la couche juvénile.
«Si Forécariah ne bouge pas, c’est parce sa jeunesse ne s’implique pas dans son développement. Je suis contre cette pensée qui dit que la jeunesse est l’avenir de demain, non ! La jeunesse est le socle du développement d’un pays. Mais que voulez-vous s’ils ne veulent pas changer la donne. La jeunesse manque de dynamisme et surtout d’entreprenariat.» A déclaré Diallo Djandoua, Directeur de la maison des jeunes. Selon cet administrateur, la situation du monde a changé et qu’il faut changer en même temps pour qu’il ait progrès. Que pour répondre aux exigences de la mondialisation il faut passer forcément par la formation de la couche juvénile.
Si cette préfecture a eu une nature favorable au développement, il est important de rappeler qu’elle fait face à d’énormes difficultés qui restent en qualité de défis à relever. Aujourd’hui, la situation est juste précaire. Un dispositif sécuritaire qui laisse à désirer avec sa position frontalière à un pays qui a connu la guerre, Sierra Leone. Le niveau de vie des populations est très bas car le panier des ménagères souffre du jour au jour. Les infrastructures sont dans un état de dégradation très avancées. La salubrité de la ville a besoin de politiques et stratégies d’amélioration. Les petites et moyennes entreprises et quelques ONG de femmes font des avancées dans certains domaines, comme celui de l’agriculture mais rencontrent d’énormes difficultés. L’administration presqu’absente. En attendant un possible changement, la ville de Forécariah vit à la queue de la base de l’échelle graduelle du développement.
Mariame Kourouma

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