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GREVE DES ENSEIGNANTS Des élèves défendent la cause de leurs enseignants

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Déclenchée le 13 novembre 2017, la grève des Syndicats Libres des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) continue à créer des échauffourées dans plusieurs endroits de la capitale. Au rond-point de Bambéto sont descendus des élèves et d’autres jeunes. Une situation qui a bloqué la circulation des personnes et de leurs biens.

Il est 10 heures ce mardi, 05 décembre 2017 au grand rond-point de Bambéto situé dans la banlieue de Conakry. Ici, nous assistons à des jets de pierres de part et d’autre. Des boutiques et magasins sont fermés, des routes barricadées sur les quatre voies (Hamdallaye, Cosa, Aéroport et Kipé) par les manifestants. Des marchands se sont installés devant leur place partout aux alentours de ce rond-point. Cette manifestation a créé une brusque coupure de la circulation des véhicules durant un bon moment. Ces affrontements sont enregistrés juste après la recréation des élèves.

Cette grève n’épargne personne. Certains chauffeurs rencontrés sur les lieux n’ont pas pu s’échapper de ces échauffourées car les vitres de leurs véhicules sont  cassées. «Aujourd’hui encore, je suis très déçu par les comportements de ces jeunes de Bambéto. Mais à vrai dire, cette grève continue à prendre de l’ampleur  dans la cité qui occasionne des dégâts matériels et d’autres.  Ils ont cassé les vitres de mon taxi ce matin», martèle Mohamed SYLLA, chauffeur de profession, avant de dire : « Je demande à l’Etat de régler ce problème avec les syndicats pour rétablir chacun dans son droit.»

Dans ces échauffourées, nous tentons de nous approcher des élèves pour recueillir leurs points de vue sur la grève. Ici, il est difficile car ils sont mélangés avec d’autres jeunes qui ne sont pas élèves. La tension, est très tendue entre eux où l’on n’aperçoit aucun membre des forces de l’ordre pour le maintien de la paix. Ils sautent, crient et réclament leurs enseignants dans les classes. «Nous sommes là par manque de professeurs dans nos établissements pour dispenser les cours depuis des semaines. Cela s’explique par la grève qu’ils ont déclenché pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail », s’indigne Aboubacar DIALLO, élève de la 12ème sciences sociales au Groupe Scolaire Hadja Oumou DIALLO, le front tout couvert de sueur. Dans un vacarme indescriptible, ces élèves disent être déterminés à descendre dans les rues jusqu’à ce que l’Etat trouve solution à cette grève. « Nous restons déterminés jusqu’à la reprise normale des cours et nous demandons aussi à l’Etat de nous rétablir dans notre droit reconnu dans les textes de loi qu’est l’éducation», ajoute un autre balançant sa tenue en l’air.

A 10 heures et demi,  nous nous dirigeons vers un autre groupe  d’élèves qui lancent des cailloux de l’autre côté. Pendant que nous  traversons la route, arrive des forces de sécurités tous habillés  dans leurs uniformes. Ils commencent à lancer des gaz  lacrymogènes et  les élèves se dispersent dans tous les sens.

 

Mamadou Adama BARRY

 

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